📍 Abidjan, Côte d'Ivoire lundi 9 mars 2026
Pépé Nicolas : Les dessous de l’affaire !
Football

Pépé Nicolas : Les dessous de l’affaire !

Diomandé Choilio 08/03/2026 à 22:11 Ligue 1

Pratiquement un mois et demi après la CAN 2025 disputée au Maroc, les souvenirs d’avant compétition ne semblent pas s’estomper. Si les Éléphants ont depuis tourné la page sportive, certaines zones d’ombre continueraient d’alimenter les discussions en coulisses. Parmi elles, la non-sélection de Nicolas Pépé demeure l’un des dossiers les plus sensibles de la période pré-CAN.

Avant même le coup d’envoi du tournoi, l’absence de l’ailier ivoirien avait suscité une vague d’interrogations. Performant en club, expérimenté sur la scène internationale, Pépé ne figurait pourtant pas dans la liste dévoilée par le sélectionneur Emerse Faé. Ce dernier avait alors évoqué des raisons « non sportives », sans entrer dans les détails, laissant place à de nombreuses spéculations.
C’est donc dans un climat de flou que la sélection ivoirienne s’était envolée pour Marrakech, avec en toile de fond une polémique persistante. Mais le mercredi 25 février, une interview accordée par Nicolas Pépé au journaliste ivoirien Malick Traoré est venue raviver les braises d’un dossier que beaucoup pensaient clos.

 La version de Nicolas Pépé 

Invité sur NCI, Nicolas Pépé est revenu sur les circonstances de sa non-sélection. Dans un témoignage détaillé, il a expliqué sa réaction au moment de l’annonce officielle :
« Le coach ( Fae Emerse) m’a appelé avant sa conférence de presse. Je n’ai pas répondu. Il m’a appelé deux fois, je n’ai pas répondu.
Je voulais lui faire comprendre que ça ne servait à rien de m’appeler à ce moment-là, parce que c’était à chaud : la liste venait de sortir. Donc, quoi qu’il allait me dire, ça n’allait pas passer. Ce n’était pas le bon moment pour échanger.
Sur le coup, lui aussi l’a compris, parce qu’il m’avait déjà parlé auparavant du fait qu’on se verrait pour la CAN. Il a donc compris ma réaction, n’a pas insisté, et je crois qu’on s’est rappelés deux jours après.
Là, il m’a expliqué le pourquoi du comment. Concrètement, il m’a fait comprendre qu’il n’y était pour rien, que ça l’avait dépassé et qu’à quelques minutes de donner la liste, j’y figurais encore.

Moi, j’ai dit : OK, c’est fait, c’est fait.

Après ça, j’ai échangé avec le Président et je suis resté un peu en contact avec le coach avant qu’ils n’entrent dans la compétition. »

Des propos lourds de sous-entendus. À travers cette déclaration, Pépé laisserait entendre que la décision finale ne relèverait pas uniquement du staff technique. L’affirmation selon laquelle il figurait encore sur la liste « à quelques minutes » de sa publication alimenterait l’hypothèse d’une intervention de dernière minute.

 Une décision qui a dépassé le cadre sportif 

Si l’on s’en tient aux déclarations du joueur, le sélectionneur aurait lui-même reconnu que la situation l’aurait « dépassé ». Une phrase qui, au conditionnel, pourrait suggérer l’existence de pressions externes ou d’arbitrages intervenus au plus haut niveau.
Selon une source proche de la Fédération ivoirienne de football, cette séquence médiatique ne serait pas anodine. Elle interviendrait dans un contexte particulier, à quelques mois des élections à la présidence de la Fédération Ivoirienne de Football. Toujours selon cette source, certains acteurs du football ivoirien pourraient chercher à instrumentaliser le dossier Pépé à des fins politiques.
La même source laisserait entendre qu’un candidat déclaré ou pressenti à la présidence de la FIF pourrait être à l’origine d’une stratégie de communication visant à fragiliser la direction actuelle. L’objectif supposé serait de relancer un dossier sensible afin d’ébranler la crédibilité de l’exécutif en place.

 Le rôle supposé du président de la FIF 

Autre élément évoqué en coulisses : la responsabilité présumée du président Idriss Diallo. Toujours selon des informations recueillies auprès d’une source proche de la Fédération, c’est Idriss Diallo qui aurait demandé la non-sélection de Nicolas Pépé.
Cette version, qui resterait à confirmer officiellement, placerait l’affaire dans une dimension institutionnelle. Si elle venait à être avérée, elle signifierait que la décision aurait été prise au-delà du seul cadre sportif, dans une logique de gestion interne ou stratégique.
Cependant, aucune déclaration publique ne viendrait, à ce stade, corroborer formellement cette hypothèse. Ni le président de la FIF, ni le sélectionneur n’auraient confirmé l’existence d’une intervention hiérarchique directe.

 Un climat politique en toile de fond

À l’approche d’échéances électorales importantes, les tensions au sein des instances dirigeantes du football ivoirien pourraient s’intensifier. Dans ce contexte, chaque dossier sensible deviendrait potentiellement un levier d’influence.
L’affaire Pépé pourrait ainsi dépasser le simple cadre d’une non-sélection sportive pour s’inscrire dans un jeu d’équilibres plus large. Les prises de parole publiques, les confidences distillées dans les médias et les révélations progressives alimenteraient un feuilleton où sport et politique se mêleraient étroitement.
Pour autant, prudence demeure de mise. Les informations relayées reposeraient essentiellement sur des sources proches du dossier et n’auraient pas fait l’objet de confirmations officielles.

 Une affaire loin d’être close 

Ce qui semblait être un simple choix technique continuerait donc de soulever interrogations et hypothèses. La sortie médiatique de Nicolas Pépé aurait ravivé un débat que la CAN disputée au Maroc n’aurait pas totalement éteint.
Entre version du joueur, silence institutionnel et rumeurs politiques, l’affaire conserverait encore plusieurs zones d’ombre. Une chose serait certaine : tant que les différents acteurs ne s’exprimeront pas publiquement de manière claire et concordante, les spéculations continueront d’alimenter les conversations.
À quelques mois d’échéances décisives pour la gouvernance du football ivoirien, le dossier Pépé pourrait bien devenir un symbole des tensions latentes qui traverseraient l’instance dirigeante.
Les dessous de l’affaire restent à éclaircir.
 Mais une certitude s’imposerait déjà : dans le football moderne, les décisions sportives ne seraient pas toujours exclusivement sportives.

Sacré Ange

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