Il y a des matchs que l’on aborde avec l’espoir discret de voir l’histoire changer. Et puis il y a ceux qui, malgré les promesses, finissent par se ressembler. Ce samedi 10 janvier 2026, au Maroc, la Côte d’Ivoire a encore chuté face à l’Égypte, battue 3-2 en quart de finale de la CAN 2025. Une défaite de plus contre un adversaire qui, décidément, refuse de quitter la mémoire ivoirienne.
Pourtant, les Éléphants avaient des arguments. Champions d’Afrique en titre, portés par une génération sûre d’elle, ils ont joué, marqué, répondu. Ils n’ont pas fui. Ils n’ont pas tremblé. Mais face aux Pharaons, cela ne suffit jamais vraiment. L’Égypte a cette manière particulière de laisser espérer, avant de rappeler, sans éclat mais avec précision, qu’elle maîtrise ce genre de rendez-vous mieux que quiconque.
Ce match n’a pas été une humiliation. Il n’a pas été une débâcle. Il a été pire : une défaite crédible, disputée, presque encourageante, mais toujours au même dénouement. À chaque fois que la Côte d’Ivoire semblait pouvoir basculer du bon côté, l’Égypte trouvait une réponse. Comme une vieille mécanique parfaitement huilée, silencieuse mais implacable.
Difficile, alors, de ne pas penser aux précédents. À 2006, à 2008, à 2021. Autant de rendez-vous manqués qui finissent par se superposer dans les mémoires. Même le sacre de 2023, aussi précieux soit-il, n’a pas suffi à effacer ce sentiment particulier que procure l’Égypte : celui d’un adversaire contre lequel le temps semble suspendu.
La Côte d’Ivoire sort de cette CAN sans avoir démérité. Elle sort surtout avec une question de plus. Comment battre l’Égypte quand on a presque tout bien fait ? Comment rompre avec une histoire qui se répète sans hausser la voix ?
L’éternelle bête noire a encore gagné. Et ce soir, plus que de la colère, c’est une forme de tristesse calme qui accompagne les Éléphants. Celle qui naît quand on comprend que certaines pages demandent plus que du talent pour être enfin tournées.
Sacré Ange