À quelques jours des élections prévues pour le 6 décembre 2025, la gouvernance du judo ivoirien traverse de fortes turbulences. Réunis le 02 décembre 2025 dans la salle de conférence de la Confédération Africaine de Handball à Cocody Danga, Isaac Angbo, accompagné de ses collaborateurs Assano Jacques et Bahi Charles, tous dirigeants du club AJA, ont animé une conférence de presse pour dénoncer une série d’irrégularités qu’ils jugent suffisamment graves pour bloquer le processus électoral en cours.
D’emblée, Isaac Angbo a rappelé que la structure actuellement appelée « Côte d’Ivoire-Judo » ne devrait, selon lui, plus exister légalement. Il affirme qu’un changement de dénomination adopté lors de l’Assemblée générale ordinaire du 13 janvier 2024 est contraire aux textes, car seule une Assemblée générale extraordinaire peut modifier le nom d’une fédération. « Nous avons essayé d’empêcher cela, mais nous n’avons pas été entendus », regrette-t-il.
Il accuse également cette Assemblée générale d’avoir élu un commissaire aux comptes avec la présence de 21 clubs fictifs, qui ne remplissaient pas les conditions légales d’existence. Pour vérifier ces informations, son équipe affirme avoir fait appel à des commissaires de justice. Malgré ces preuves, dit-il, leurs doléances n’ont pas été prises en compte, ouvrant la voie à d’autres irrégularités, notamment une élection organisée en Côte d’Ivoire en novembre 2024 pour désigner un nouveau président de la structure contestée.
Face à ce qu’il qualifie de « dérives statutaires répétées », Isaac Angbo a saisi plusieurs instances : la Fédération internationale de judo, le ministère des Sports, la direction de la vie fédérale, la direction générale des Sports, ainsi que le Comité National Olympique (CNO). Ce dernier est à ce jour la seule institution ayant déclaré leur plainte recevable.
Il s’appuie pour cela sur l’article 23 de la loi sur le sport de 2014, qui impose à toutes les fédérations sportives ivoiriennes la création d’une instance arbitrale interne. En l’absence de cet organe, explique-t-il, le CNO devient automatiquement compétent pour traiter les litiges.
Selon Isaac Angbo, cette décision du CNO entraîne de fait la dissolution juridique de la fédération telle qu’elle est aujourd’hui structurée. Le comité directeur en place, déjà contesté, n’aurait donc « aucune légitimité » et ne serait pas habilité à organiser les élections prévues ce 6 décembre. « On ne peut pas confier l’organisation d’un scrutin à un comité dissous », insiste-t-il, soulignant le risque d’un processus électoral biaisé dès le départ.
L’orateur met également en lumière une contrainte administrative importante : les candidats doivent déposer 500 000 francs CFA sur le compte de la fédération. Or, selon lui, ce compte ne devrait même plus exister, puisque la structure actuelle est juridiquement caduque.
Face à toutes ces contradictions, M. Isaac Angbo appelle le ministère des Sports à « revoir sa copie » et à mettre en place un comité ad hoc, comme cela a déjà été fait dans d’autres disciplines telles que le football ou la boxe, afin de garantir des élections transparentes, consensuelles et conformes aux textes.
Pour lui et ses collaborateurs, l’objectif n’est pas de freiner le judo ivoirien, mais d’exiger le respect des décisions de l’instance arbitrale et de défendre l’intégrité de la discipline. Ils affirment rester déterminés et ne comptent pas « baisser les bras » tant que les conditions d’un scrutin crédible ne seront pas réunies.
Sacré Ange